Réglementation DTU 60.31 : les points essentiels pour la plomberie
Vous pensez tout connaître de la plomberie en PVC, mais savez-vous ce que dit le NF DTU 60.31 ? Difficile de s’improviser « roi du PVC » sans maîtriser cette réglementation qui encadre tout, du choix des tubes à leur pose, sous peine de transformer une installation sanitaire en fontaine désastreuse. Suivez-moi, on va naviguer dans les méandres de ce DTU souvent méconnu, mais ô combien structurant pour garantir la fiabilité de vos canalisations d’eau froide sous pression.
À retenir :
Suivez le NF DTU 60.31 et je vous assure des canalisations en PVC-U qui tiennent la route, sans fuites ni retours SAV.
- Matériaux certifiés NF uniquement et vérifiez la conformité sanitaire pour l’eau potable avant tout achat.
- Collage normalisé : décapage et dégraissage, appliquez la colle sur l’embout et la tulipe, emboîtez jusqu’à la butée et maintenez 30 secondes.
- Gestion thermique : 1 manchon tous les 4 mètres, collier glissant entre points fixes et jeu systématique dans les traversées.
- Fixations et pente : collier PVC ou inox adaptés, espacement 50 cm pour Ø32 mm et 80 à 100 cm pour Ø100 mm, pente d’évacuation 1% à 3% idéal 1,5%.
- Soudure interdite sur les tubes et vérifiez la compatibilité des produits auprès de l’AFNOR et des cahiers techniques.
Les bases de la réglementation DTU 60.31 pour les canalisations en PVC-U
Avant d’oser passer commande de tubes ou de dérouler votre plan plomberie, il est impératif de comprendre ce qu’est le NF DTU 60.31. Ce fameux Document Technique Unifié s’intitule exactement « Canalisations en chlorure de polyvinyle non plastifié : eau froide avec pression ». Derrière ce nom – un rien barbare – se cache un texte très précis : il définit les règles à respecter pour poser des canalisations en PVC-U (PVC non plastifié) dans le cadre de l’alimentation en eau froide sous pression, que ce soit dans un bâtiment flambant neuf ou ses annexes.
À l’instar d’un bon plat mijoté à la perfection, chaque ingrédient et chaque étape comptent : le DTU 60.31 encadre la sélection des matériaux, leur installation, mais aussi toutes les exigences nécessaires pour assurer une plomberie durable, saine et conforme. Plus question de bricoler dans son coin avec des tubes douteux ou des raccords venus d’ailleurs ! D’ailleurs, il prend la relève de la norme NF P 41-211 de 1993, histoire de moderniser la cuisine technique.
Ce DTU ne vit pas en solo sur l’étagère des réglementations. Il complète tout un arsenal d’autres textes, dont les incontournables NF DTU 60.1 et 60.11 (la « bible » de la plomberie sanitaire), sans parler des précieux documents AFNOR. Autrement dit : pour une installation béton, il est primordial de croiser les références et de rester à la page, à chaque nouveau chantier.
Champ d’application du DTU 60.31 : à qui, à quoi s’adresse-t-il ?
Avant de sortir la colle et les colliers, il est sage de vérifier que l’on pose sa plomberie dans les règles de l’art ! Le DTU 60.31 s’applique aux canalisations en PVC-U destinées à la distribution d’eau froide sous pression, à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments, y compris pour toutes les annexes – cabanon de jardin y compris, tant qu’il est raccordé.
Ce règlement vise non seulement l’adduction d’eau potable – pourvu que les matériaux et assemblages soient autorisés – mais il encadre aussi les installations pour tout autre usage d’eau froide sous pression. Il pose également une limite claire concernant la température : le PVC-U doit affronter couramment des températures jusqu’à 60°C, et tolérer de brèves pointes jusqu’à 95°C dans des cas particuliers (je vous déconseille d’aller tester cette résistance à la maison). Cela offre une belle flexibilité, du moment que l’on reste dans un cadre rigoureusement défini par le DTU.
Choix des matériaux et marquages réglementaires
Choisir les bons matériaux, c’est éviter – dès l’achat – la galère de devoir tout refaire trois ans plus tard ! Le NF DTU 60.31 ne fait aucune concession : seuls les tubes et raccords porteurs de la certification NF sont autorisés. C’est le passeport pour garantir la qualité, la robustesse et la conformité à la législation française. Toute tentative de faire l’impasse ou d’opter pour l’offre du voisin bricoleur : c’est niet.
Pour les réseaux qui acheminent de l’eau destinée à la consommation humaine, il en va de la santé de tous : les matériaux se doivent d’être conformes aux prescriptions sanitaires en vigueur. Oubliez le tube miraculeux sorti d’un carton moisi trouvé dans le grenier : mieux vaut le respecter à la lettre pour garantir l’hygiène de l’eau.
Côté repérage, on doit jouer franc jeu avec le code couleur réglementaire. Deux couleurs, c’est simple à retenir :
- Gris pour les réseaux intérieurs (évacuations d’eaux usées ou vannes, alias EU et EV)
- Orange pour les réseaux enterrés ou extérieurs, repérables et reconnaissables lors des travaux de terrassement
Petit rappel très important : la soudure directe de brides sur les tubes est strictement interdite dans ce contexte. Cela éviterait bien des fuites intempestives si tout le monde s’en souvenait !
Pour connaître les accessoires adaptés (colliers, manchons, colles…), consultez notre article sur les accessoires plomberie indispensables.
Assemblage des canalisations : les méthodes à respecter
On ne le répétera jamais assez, la méthode d’assemblage fait toute la différence entre une installation fiable et un casse-tête en SAV. Le collage normalisé avec une colle NF adaptée est la star du DTU 60.31. Mais attention, il ne s’agit pas d’un bricolage à la va-vite : il faut procéder à un décapage et un dégraissage rigoureux, appliquer la colle à la fois sur l’embout et la tulipe du raccord, puis emboîter immédiatement et maintenir l’ensemble pendant une trentaine de secondes. Rapide, mais précis : voilà la clé.
Bien sûr, il existe d’autres modes d’assemblage, parfois moins connus : emboîtures classiques, manchonnettes (idéal pour les prises à vide), brides plates tournantes modèle GN 16, ou encore collets à coller avec bague d’étanchéité. Le choix dépend de l’usage et du point de l’installation. Dans tous les cas, il est indispensable de vérifier la compatibilité des produits auprès de l’AFNOR et des cahiers de clauses techniques.
Un point capital souvent négligé : l’emboîtement doit impérativement aller jusqu’à la butée prévue par le fabricant, et un repère de pose doit être tracé pour visualiser la bonne insertion. C’est ce genre de détail qui évite de tout disquer ensuite pour traquer la fuite fantôme…

En cas de fuite, retrouvez nos conseils pour réparer sa canalisation et éviter les dégâts majeurs.
Gestion de la dilatation thermique et des mouvements
On le sait, les plastiques aiment prendre leurs aises lorsqu’il fait chaud. Le PVC-U n’échappe pas à la règle : son coefficient de dilatation est de 0,08 mm par mètre et par degré Celsius de variation. Traduction : un tuyau de quatre mètres qui encaisse 20 degrés de plus s’allonge de plus de 6 mm. Autant anticiper, sinon gare aux déformations incontrôlées !
Pour maîtriser ce phénomène : chaque 4 mètres linéaires, on doit prévoir un manchon de dilatation. Entre les points fixes, on installe des colliers glissants qui permettent au tube de bouger discrètement sans provoquer de dégâts. Les passages dans les cloisons, murs et fourreaux sont ménagés avec des jeux pour la libre expansion. À chaque dérivation, il est impératif de positionner un point fixe qui maintient la tuyauterie là où elle doit être, pendant que le reste bouge. Eh oui, on fait danser le PVC sans qu’il ne parte en vrille !
Pour illustrer ces exigences de manière concrète, voici un tableau synthétique des prescriptions liées à la dilatation thermique :
| Élément | Prescription DTU 60.31 |
|---|---|
| Coefficient de dilatation PVC-U | 0,08 mm/mètre/°C |
| Manchon de dilatation | 1 manchon tous les 4 mètres |
| Colliers entre points fixes | Colliers glissants obligatoires |
| Jeux dans traversées (murs, cloisons) | Réalisés systématiquement |
| Point fixe à chaque dérivation | Oui |
Supports, fixations et pente des canalisations en PVC
La solidité d’une installation ne tient pas qu’aux tubes, mais aussi à la façon dont on les attache. Le DTU 60.31 précise qu’il faut employer des colliers spécifiques en PVC ou inox, bien ajustés au diamètre de la canalisation. On ne badine pas sur l’écartement : il doit être de 50 cm pour un Ø32 mm, et monter jusqu’à 80 à 100 cm pour du Ø100 mm installé à l’horizontale. Ça, c’est pour éviter l’effet serpent dans les vides techniques.
Autre règle d’or : le PVC ne doit jamais être en contact direct avec des parties métalliques – sinon, le risque de dégradation et d’usure prématurée est garanti. Astuce de vieux briscard : on intercale toujours une entretoise ou une gaine isolante pour assurer la longévité du chantier.
La pente, c’est un peu le secret d’un écoulement réussi. Le DTU impose une pente des canalisations d’évacuation entre 1% et 3% ; l’idéal tourne autour de 1,5%. Cette inclinaison, aussi minime soit-elle, permet d’éviter les bouchons, la stagnation et, par ricochet, les odeurs persistantes dont raffolent les rats (et dont personne ne veut dans son local technique).
Dimensions, tolérances et exigences spécifiques
On entre ici dans la géométrie sacrée du plombier. Le DTU 60.31 énumère les dimensions minimales et tolérances de pose selon chaque usage : les chutes de WC, par exemple, exigent un diamètre non réductible. Les évacuations de baignoire ou de cuisine doivent respecter des sections minimales sous peine de plonger la famille dans la douche froide – totalement involontaire.
Concernant les épaisseurs de tubes, il faut impérativement se reporter à la série BD et au diamètre nominal. Et, règle incontournable : lors de l’assemblage, il convient d’enfoncer le tube jusqu’à la butée intégrée, tout en ménageant un jeu dans les fourreaux pour la fameuse dilatation dont nous avons déjà parlé.
Respecter les tolérances de pose n’est pas du fignolage : c’est cela qui garantit la durabilité et la conformité de votre tuyauterie. Une installation soignée, des dimensions respectées, et vous voilà à l’abri des sinistres et conflits d’assurance qui gâchent la retraite des professionnels du métier.
Références normatives complémentaires et bonnes pratiques
On ne construit pas une installation conforme au doigt mouillé. Il est conseillé – et même vivement recommandé – de consulter régulièrement les documents de référence : NF DTU 60.1, 60.11, cahiers de clauses techniques spécifiques… bref, tout le trousseau réglementaire du plombier averti.
Pour approfondir, consultez notre guide pour comprendre la norme DTU applicable aux installations plomberie.
Le respect intégral des prescriptions ne sert pas qu’à rassurer l’inspecteur : il protège la sécurité sanitaire, optimise la performance du réseau (adieu les fuites !), et garantit l’obtention des assurances, qu’il s’agisse de la décennale ou de la fameuse garantie de parfait achèvement.
Petit conseil amical : avant d’acheter, prenez le réflexe de vérifier la conformité des tubes, raccords ou colles auprès d’organismes officiels comme l’AFNOR ou sur les bases de données spécialisées. Cela évite les mauvaises surprises et les économies de bout de chandelle qui coûtent plus cher à réparer qu’à anticiper.
En résumant, le NF DTU 60.31 forme un véritable GPS pour les installations de plomberie en PVC-U sous pression. Suivre ses prescriptions avec sérieux, c’est s’assurer une plomberie sereine, conforme aux règles de l’art et, surtout, la tranquillité sur tous les fronts. Chantiers bien faits… soucis évités !
